Tout parisien qui se respecte connaît le quartier de Château d’Eau, quartier de prédilection des coiffeurs afro. En ces lieux, il règne une atmosphère anarchique mais néanmoins chaleureuse, où toute l’Afrique se rencontre.

Fascinée par ce milieu, la photographe Hélène Jayet, d’origine malienne, a commencé son travail photographique sur le sujet en 2009. Elle traîne dans le quartier, capture quelques moments … mais se rend très vite compte que dans ce milieu fermé où tout le monde se connaît, il est impossible pour elle de passer inaperçue.  Elle décide alors de mettre en place un vrai processus, et de mettre en scène ses sujets en les faisant poser. Elle veut photographier les coupes les plus folles et sa première série, exposée en 2010 au Festival Circulation(s), à Paris, dans le cadre de la Carte blanche donnée à la marraine de l’événement, Laura Serani, donne à voir des portraits uniques, de profil, à l’image des enseignes de coiffeurs que l’on trouve en Afrique.

Dans la deuxième partie du projet,  elle pousse la logique encore plus loin et met en place un dispositif plus poussé pour retrouver l’atmosphère d’un studio des années 60-70. Hélène Jayet monte un studio dans un appartement de Château d’Eau et joue à son tour les rabatteuses pour trouver ses modèles. Les gens sont souvent suspicieux et tendus. C’est aussi ce qui fait la beauté de la démarche et du travail photographique : oser aborder les gens dans la rue puis instaurer un climat de confiance, conclure la rencontre par la prise de vue et, enfin, offrir le portrait aux sujets. En ressort une série sur fond neutre, qui fait tout de suite penser aux photos d’identité à l’occidentale. Les poses sont hiératiques mais pas figées car dans les regards passent les émotions. Les images ne sont pas retouchées afin de conserver le côté brut et naturel des poses. Elles sont juste accompagnées d’une légende, le plus souvent avec le nom de la coupe photographiée…

Dans ce travail sur les coiffures, résonnent plusieurs références photographiques évidentes : le photographe de studio nigérian J.D ‘Okhai Ojeikere, qui a livré plusieurs séries sur les tresses et coiffures africaines. Ou encore Lorna Simpson, l’artiste afro-américaine faisant en effet rimer cheveux avec identité.

Découvrez plus de photos d’Hélène Jayet dans la galerie.

Crédit: Article écrit par OLIVIA MARSAUD, en ligne aussi sur Afriqueinvisu

Le site internet de Hélène Jayet .