Décès ce weekend de Tabu Ley Rochereau

C’est à l’âge de 76 ans que s’est éteint celui que l’on surnomait « le roi de la rumba congolaise », Tabu Ley Rochereau. Le père du rappeur français Youssoupha, est mort, samedi 30 novembre, à l’hôpital Saint-Luc de Bruxelles. Véritable monument de la musique africaine, Tabu Ley Rocherau a été le premier africain à se produire sur la scène de l’ Olympia en 1970. En désaccord avec le régime de Mobutu, l’artiste s’exile aux Etats-Unis, puis en Belgique. « J’ai toujours été en controverse avec lui, déclare le musicien en 2003, lors d’un entretien à RFI, à l’occasion de la sortie de son album Tempelo. Moi, j’étais républicain, eux, conservateurs. On ne s’entendait pas vraiment. J’étais d’inspiration lumumbiste. Du côté, donc, de ceux qu’on prenait – à tort – pour des communistes. J’étais en revanche défenseur des valeurs républicaines et démocratiques. Mes façons de voir, les chansons que je faisais, défendaient ces aspirations, quelque peu contraires à celles de Mobutu. Donc, de temps en temps, on m’arrêtait. J’ai connu la prison politique deux fois. » 

Il ne reviendra dans son pays que bien plus tard, à la chute du régime de Mobutu, et s’investira dans la vie politique tout en gardant un pied dans le monde artistique. Cofondateur du Rassemblement congolais pour la démocratie, il devient ministre, député et, en 2005, vice-gouverneur de la ville de Kinshasa.

Aujourd’hui le Congo, et le monde de la musique tout entier sont en deuil. Des funérailles officielles auront lieu à Kinshasa.