« Run », le premier film qui relate la crise ivoirienne.

Le réalisateur franco-ivoirien Philippe Lacôte vient d’achever le tournage d’un film qui raconte la crise qui a frappé la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011. Un choix périlleux et controversé quand on sait que le pays est encore sous pression et que les séquelles de cette crise sont, encore aujourd’hui, extrêmement visibles.

Le film raconte l’histoire d’un adolescent qui a rejoint les « jeunes patriotes », les farouches partisans du président déchu Laurent Gbagbo. Une fiction destinée avant tout à relancer le cinéma ivoirien qui peine à survivre dans le contexte actuel.

« Run se veut donc une fiction ancrée dans le réel. « Il y a des scènes qui me rappellent textuellement mon vécu pendant et après la guerre », commente Abdul Karim Konaté, 32 ans, l’acteur tenant le rôle principal. « J’étais là, à Yopougon. Là où ça a vraiment chauffé […] On raconte l’histoire. Il faut la raconter à ceux qui ne l’ont pas vue ».

Autant dire que l’accueil réservé au film en Côte d’Ivoire est assez frileux et le réalisateur admet subir des pressions:

« On a déja eu des problèmes », reconnaît Philippe Lacôte: » on a tourné dans un ancien siège du FPI (le parti de l’ex-président) occupé aujourd’hui par l’armée ivoirienne. La presse du FPI nous a accusé de faire un film pour réunir des preuves contre Laurent Gbagbo. »

Comme cela a été dit plus haut, ce film est également une façon de relancer le cinéma ivoirien, c’est pourquoi l’ État ivoirien finance le film à hauteur de 7% du budget. Le reste des fonds provient de France et d’Israël. Pour une mise totale de 1,8 million d’euros. De quoi avoir à l’affiche Isaach de Bankolé, plus grand acteur ivoirien, reconnu à Paris et Los Angeles, qui n’était pas revenu au pays depuis 17 ans.

Une initiative à saluer, en espérant que ce film permettra de désamorcer les tensions à l’intérieur du territoire ivoirien.

Sortie en salle prévue pour 2014.