Editorial: Héritage et Transmission

 

 

 

Direction artistique : Mariam SISSOKO – Instagram + Facebook : @mousso_paris
Photographe: Arnaud MELLAH – Instagram @arnaud_mellah
MUA: Daw MBAYE – Facebook: @l’expertedelapeaute + Instagram : @dawmakeup
Remerciements à Sephora France
Hair Artist (tenue bleue et jaune): Sephora JOANNES – Instagram : @sephorajoannes
Hair Artist (tenue motif bogolan) : Sally – Instagram : @texturesbysally
Remerciements à Diouda
 
 
 

Qui suis-je ? Que vais-je transmettre à ma descendance ?

J’ai commencé à me poser ces questions à mon 4 ème mois de grossesse, quand, pour la première fois, j’ai commencé à sentir la vie grandir en moi.

Je suis d’origine malienne. Ma mère est Khassonké, peuple issu du métissage des Malinkés et des Peuhls. Mon père paix à son âme, était quant à lui Malinké, peuple très proche culturellement des bambaras.

Aujourd’hui à 33 ans, je m’apprête à donner la vie à mon premier enfant. Il ou elle sera métisse. Il ou elle aura une mère d’origine malienne et un père avec des origines françaises et kabyles.

La question que je me pose est la suivante : Quelle sera sa place dans notre société ?

La citation d’Otto Von Bismarck « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va car il ne sait pas où il est. En ce sens, le passé est la rampe de lancement vers l’avenir. » prend dorénavant toute sa place dans ma vie de maman.

Je ressens le besoin de découvrir davantage mon héritage culturel et plus particulièrement l’ethnie de la femme qui m’a élevée, celle qui m’a transmis ses valeurs, sa vision de la vie et sa détermination.

Au Mali, la société est hiérarchisée en trois ordres : les hommes libres (horon), les captifs (jon) et les gens castés (namaxala). Chaque ordre est défini selon le critère du statut de liberté ou d’activités professionnelles.

Mon enfant apprendra plus tard que nous sommes des horons. Plus précisément, des descendants de la noblesse Khassonké et Malinké.

J’ai effectué mon premier voyage au Mali en 2010 à l’âge de 24 ans.  J’ai foulé la terre du village de ma mère et rencontré pour la première fois mes grands-parents maternels un soir de juillet. La rencontre qui me marqua le plus, fut celle de mon grand-père, un vrai politicien chevronné mais surtout un grand homme très respecté. Il resta chef du village de nombreuses années jusqu’à son décès. Ma grand-mère était quant à elle, très adulée dans tout le comté pour ses connaissances médicinales.

Lors de ce voyage, j’ai pu observer et analyser les hommes et femmes du village. J’ai rapidement fait le constat, que c’est la femme autrement dit la « Mousso » qui en est le poumon. Elle se lève à l’aube pour aller travailler dans les champs, elle part chercher de l’eau, elle s’occupe de l’éducation des enfants, elle se charge de l’élevage du bétail et nourrit toute la communauté.

Les hommes, au-delà de la gestion de leurs terres et bétails, se réunissent régulièrement sous forme de conseil pour prendre les décisions liées au bon fonctionnement du village, résoudre les conflits familiaux et de voisinage…

Le Khassonké met un point d’honneur à conserver son intégrité et sa dignité intacte. Il a horreur de la honte !  Son nom et sa réputation sont ce qu’il a de plus cher.

Aujourd’hui mon fils est né et ces mots sont pour toi : reste digne et respectable. Garde en toi l’humilité et le respect qui caractérise tes aïeux Khassonkés. Tu es descendant de nobles. Tu as des ancêtres qui ont marqué l’histoire du Mali. Tu dois porter fièrement ton héritage. Ta noblesse non pas par ton statut mais par tes actions, devra te suivre au quotidien. Soit généreux et bon avec ton prochain car c’est par tes actions que tu rendras hommage à tes ancêtres qui continuent à garder un œil sur toi.

Mousso Paris