Avec l’été au pas de la porte, le Labo Ethnik revient cette année du 22 au 25 mai à la Cité de la Mode et du Design à Paris. Entretien avec la directrice de la manifestation, Yvette Taï-Coquillay, à quelques heures du début des festivités.

Propos recueillis par Paul-Arthur Jean-Marie

L’aventure commence en 2007. Yvette Taï-Coquillay fonde et organise le Labo Ethnik. Son objectif ? Dénicher de nouveaux talents et les mettre en avant en leur offrant l’opportunité unique de défiler au sein de Paris, capitale internationale de la mode. Devenu le Labo Ethnik Fashion & Lifestyle, le salon s’apprête aujourd’hui à souffler sur sa 8e bougie. Pour l’occasion, de nombreux changements et surtout 80 marques, qui contribuent à un autre regard…

FASHIZBLACK : 8e édition cette année et beaucoup de changements par rapport aux précédentes. Le lieu notamment, le nom, la charte graphique… Pourquoi ?

Yvette Taï-Coquillay : En ce qui concerne le lieu, la Cité de la Mode et du Design est plus adaptée et surtout plus grande que l’Espace des Blancs Manteaux (dans le quatrième arrondissement de Paris, ndlr) où le Labo avait lieu jusqu’ici. Et puis, on commençait un peu à faire le tour. J’aime les changements. Il faut aussi dire que vouloir voir les choses en plus grand, c’est un challenge après tout.

L’Espace des Blancs Manteaux qui se trouve dans le Marais avait l’avantage d’être formidablement achalandé par rapport à ce nouveau lieu. Vous n’avez pas peur de perdre une partie de votre clientèle ?

Non. C’est vrai qu’aux Blancs Manteaux, il y avait un nombre non négligeable de touristes notamment mais on ne capitalise pas que sur ça. On a une cible précise. Aujourd’hui, le Labo est fort d’un fichier d’à peu près 10.000 personnes qui nous suivent depuis le départ. Les personnes qui viennent le font parce qu’elles aiment la mode, veulent découvrir de nouveaux créateurs, et voir des choses différentes.

Et ce  « Lifestyle » rajouté, que représente t-il ?

Cette année, on s’ouvre au design et au mobilier. Ces créateurs-là ont également besoin de visibilité.

yvette-tai-coquillay

Yvette Taï-Coquillay

Avec toutes ces nouveautés, que faut-il attendre du Labo de cette année ?

Forcément, il sera mieux. Avec toujours un peu plus de folie, de belle mode et d’éclectisme. On a pris plus de risques. J’ai également pu avoir la chance d’être entourée de nouveaux collaborateurs qui m’apportent énormément. Je pense par exemple à Vincent McDoom qui est en charge de la direction artistique.

Comment se passe cette collaboration avec Vincent McDoom ?

Elle est belle. Il a un œil, c’est un véritable esthète. On a eu un véritable coup de cœur mutuel. Vincent dirige tout : du vernis appliqué à la musique en passant par la cabine de mannequin.

Selon vous, de quelle manière à évoluer le Labo ?

Il a gagné en grandeur. On tend à se perfectionner un peu plus chaque fois. Et puis, plus de personnes nous suivent, professionnels et grand public. Le Labo Ethnik a également opéré une vraie ouverture sur l’étranger et l’ailleurs. Nous avons des collaborateurs implantés en Belgique, aux USA, en Angola ou encore en Angleterre. Il s’étoffe grâce à des expositions, des conférences données à l’attention des jeunes présents, des concours pour créateurs néophytes. Peu à peu, le Labo a pour ambition de faire comprendre que l’ethnique n’appartient pas aux africains mais à tous les peuples. Le problème avec des entreprises comme ça en France, c’est que le milieu de la mode hexagonale est très cadenassé, assez peu ouvert sur de nouveaux horizons.

Franck Sorbier, le créateur parisien, défilera quand même pour vous !

Oui. On lutte contre les clivages. On ne veut surtout pas de ghettoïsation. Si de grands noms peuvent accompagner et de tenir la main des plus jeunes, c’est encore mieux.

À l’aube de cette édition, quelle serait votre plus belle expérience en regardant en arrière ?

Je dirais chaque jour, chaque étape de ce voyage m’a marquée. J’estime faire quelque chose de banal à vrai dire. C’est « normal » ! N’y voyez pas de clin d’œil à un certain président (rires).

Et des regrets ?

Absolument pas de regret, que de bonnes choses : de superbes échecs qui permettent d’apprendre de ses erreurs et de magnifiques expériences, des rencontres géniales. Vraiment, pas de regret !

Le Labo Ethnik Fashion & Lifestyle, acte 8.

Le Labo Ethnik, édition 2014, s’installe aux Docks, à la Cité de la Mode et du Design dans le treizième arrondissement parisien du 22 au 25 mai. Au programme, défilés de créateurs reconnus et débutants. Pour la soirée d’inauguration le jeudi, sont attendus entre autres, Taïbo Bacar (Mozambique), Esther Dreier (Suisse), Franck Sorbier (France) et Laurence Airline (Côte d’Ivoire). Dès le lendemain, les visiteurs et curieux pourront retrouver une immense expo-vente réunissant 80 marques : mode, bijoux, design, déco… Le concours « Emergence » pour la jeune création est également prévu (samedi), ainsi qu’une table ronde portant sur les modèles et solutions à appliquer pour pérenniser une marque et le workshop sur le crowdfunding (vendredi). Plus d’informations et billetterie sur www.laboethnik.com