La 11e édition du Festival international de la mode africaine (FIMA) sera organisée du 21 au 24 novembre à Dakhla, ville touristique du Sahara occidental au Maroc, en lieu et place de Niamey.

Le FIMA, qui se tient habituellement tous les deux ans sur les rives du fleuve Niger, à Niamey, subit depuis longtemps des pressions des islamistes. Sa 10e édition, en 2015, avait été reportée à la veille de sa tenue par les autorités nigériennes qui redoutaient une attaque jihadiste dans la capitale. L’édition 2013 du FIMA s’était déjà tenue sous haute surveillance avec la menace d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Sa délocalisation à Dakhla vise à soutenir le « processus d’intégration économique du Maroc en Afrique de l’Ouest » où « les industries culturelles occupent une place importante », a expliqué au cours d’une conférence de presse l’organisateur du festival, le créateur Alphadi, internationalement renommé.

Il a également noté les efforts du royaume qui « accompagne » depuis son lancement en 1998 le FIMA « dans son combat pour une Afrique positive ».

Quelque 30.000 visiteurs sont attendus à Dakhla pour le FIMA qui propose des regards croisés entre les créateurs africains et occidentaux.

Cette édition, qui marquera les 20 ans du festival, est placée sous le signe de « l’intégration africaine par le renforcement de la coopération Sud-Sud ».

Outre le défilé de mode, des conférences, des expositions artistiques, des concours de top-models et de jeunes créateurs sont au menu du festival. Des concerts de stars locales de la musique et internationales, dont le groupe ivoirien Magic System, sont également à l’affiche.

Malgré son prestige, le FIMA est toujours controversé au Niger, pays majoritairement musulman.

En 2000, les locaux d’Alphadi avaient été vandalisés par des militants islamistes hostiles à « l’image » de la femme véhiculée par le FIMA et à sa façon de les habiller. Alphadi avait même reçu des menaces de mort.

En 2011, à deux mois du défilé, ses ateliers avaient été complètement ravagés par un mystérieux incendie.

Mais Alphadi ne désarme pas. En 2016 il a été nommé « Artiste pour la Paix » par l’UNESCO.