PARIS, 10 oct 2011 (AFP) – Génie de la mode, Christian Dior avait publié en 1956 son autobiographie, quelques mois avant sa mort à 52 ans, foudroyé par une crise cardiaque : c’est cet ouvrage qui est réédité pour la première fois, agrémenté de photos d’archives de la Maison Dior et de croquis inédits.

Le couturier Christian Dior dans son atelier parisien en 1956 (AFP)

Dans ce récit à la langue élégante, « Christian Dior et moi » (La Librairie Vuibert), le lecteur côtoie le Dior public et le Dior privé, ses amitiés, son peu de goût pour le théâtre et la lecture, sa passion des cartes…
Mais l’auteur le reconnaît, c’est le grand couturier de l’avenue Montaigne, à la tête de la Maison Dior créée en 1947 et dont les révolutions dans le domaine de la mode ont déclenché des soubresauts dans le monde entier, qui occupe la plus grande place dans le livre.
Parodiant Gustave Flaubert, normand comme lui, le couturier s’exclame : « Christian Dior, c’est moi ! Car, finalement, tout ce qui a été ma vie s’est, que je le veuille ou non, exprimé dans +ses+ robes ».
Né à Granville, dans la Manche, le 21 janvier 1905, dans une famille aisée d’industriels, Dior reste très attaché à la région qui l’a vu naître, « bien que je n’y retourne jamais », avoue-t-il. Il meurt en Italie en octobre 1957.
Il retrace son enfance, sa vie de galeriste, ses premiers pas de dessinateur de mode, comment il est devenu couturier malgré lui… « Ce qu’il y a de plus stimulant dans le récit d’une vie, ce sont les années d’apprentissage », dit-il.
Puis il raconte le choix de ses bras droits avenue Montaigne, sa première collection, le succès fulgurant du « New Look ». C’était la mode « de la jeunesse et de l’avenir » et « un retour au seyant et au joli dont les femmes avaient été privées depuis bien des lustres », se souvient-il.
Christian Dior parle aussi avec tendresse de ses mannequins, « mes plus importantes collaboratrices ». « Mes mannequins, c’est la vie de mes robes, et je veux que mes robes soient heureuses », répond-il à ceux qui lui reprochent de trop bien les rémunérer ou de céder à leurs caprices.
Il évoque également sa mobilisation, la drôle de guerre, la débâcle, sa vie de paysan dans le midi, la déportation de sa soeur, le retour à Paris et à la mode, sa vocation d’architecte contrariée et l’amour porté à ses maisons de Milly, Paris ou Montauroux.
(« Christian Dior et moi » – Christian Dior – La Librairie Vuibert – 260 p. 22 euros – en librairie le 18 octobre)

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