PARIS, 15 sept 2011 (AFP) – La décision de la cour d’appel de Paris jeudi de donner son feu vert aux héritiers d’Hermès pour constituer un rempart juridique contre le groupe LVMH est le dernier épisode en date d’une saga qui a débuté fin octobre.

Boutique Hermès - 42 Avenue Georges V (Paris)

23 octobre 2010: LVMH annonce -un samedi- son entrée à hauteur de 17,1% dans le capital du groupe Hermès, dont il n’entend pas « prendre le contrôle » mais dont il veut être « un actionnaire à long terme ».
24 octobre: la famille Hermès affirme son unité et assure ne pas vouloir vendre le groupe.
25 octobre: l’Autorité des marchés financiers (AMF) indique qu’elle va vérifier si « la réglementation » a bien été « respectée » par LVMH, qui affirme aussitôt s’y être conformé « scrupuleusement ».
A la Bourse de Paris, le titre Hermès atteint un plus haut historique à 202,85 euros.
3 novembre: la famille Hermès et la direction du groupe demandent au PDG de LVMH, Bernard Arnault, de se retirer du capital du sellier, ce qu’il refuse dès le lendemain.
5 décembre: la famille Hermès annonce qu’elle veut créer une holding familiale non cotée, qui rassemblerait plus de 50% du capital de la maison de luxe.
21 décembre: LVMH détient désormais 20,21% d’Hermès.
6 janvier 2011: l’AMF autorise Hermès à ne pas lancer d’offre publique d’achat (OPA) sur la totalité du groupe, comme l’y obligerait la loi, après sa décision de créer la holding.
10 janvier: l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) fait appel de la décision de l’AMF devant la cour d’appel de Paris estimant qu’il ne s’agit pas d’un simple reclassement de parts familiales.
3 février: Hermès annonce des ventes et un bénéfice record.
4 février: le patron de LVMH déclare qu’il se veut un actionnaire « pacifique », mais qu’il ne restera pas pour autant « passif ».
3 mai: Hermès cède les 45% de sa participation dans la maison de couture Jean Paul Gaultier au groupe catalan Puig.
24 mai: l’Adam, qui assignait en référé le sellier Hermès pour « priver » des membres du groupe familial de l’essentiel de leurs droits de vote lors de la prochaine assemblée générale, se voit opposer une nullité de procédure.
30 mai: l’assemblée générale d’Hermès se traduit par une passe d’armes frontale entre le président du conseil de surveillance, Bertrand Puech, et Pierre Godé, vice-président de LVMH.
12 juillet: l’Adam est déboutée en référé de sa demande de faire passer à un juge du fond l’examen de la question des droits de vote des membres de la famille Hermès.
26 juillet: LVMH annonce détenir 21,4% du capital d’Hermès.
31 août: la société Hermès dit avoir racheté « sur le marché », depuis juin, plus d’un million de titres pour une somme totale de 241 millions d’euros, afin d’honorer ses engagements envers les salariés dans le cadre de plans de distribution d’actions gratuites.
15 septembre: la famille obtient le feu vert de la cour d’appel de Paris pour constituer sa holding rassemblant 50,2% du capital, la dispensant d’OPA sur la totalité du groupe.

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