Pour la quatrième fois, le magazine Arise a invité une poignée de designers africains à présenter leur collection lors de la semaine de la mode de New York. Ce sont donc sept créateurs qui ont eu l’occasion de prouver leur talent et ont ainsi pu, littéralement, enflammer le catwalk de la Grosse Pomme.

Tout d’abord, le jeune styliste établi à Londres, Tsemaye Binitie a ouvert le show avec ses pièces alliant à merveille lun minimalisme chic et un dynamique esprit sportswear. Les couleurs étaient principalement neutres même si toutefois l’on pouvait remarquer quelques teintes détonantes. Comment ne pas apprécier cette simplicité toute en élégance et aux agréables influences seventies et nineties ?



Puis, ce fut au tour de la nigériane Asibuela. De son côté, cette dernière a su associer avec beaucoup d’ingéniosité divers imprimés tels les impressions tie&dye, peau de serpent ou encore des carreaux, afin de donner un vestiaire éclectique et plein de vie. Mention spéciale aux blouses amples en ankara délicatement rebrodées de perles.

Lanre Da Silva-Ayayi, quant à elle, a réalisé un véritable tour de force. Sur le podium, c’était de la couture, de la vraie, qui défilait. Dès le premier passage, on reconnaissait la signature inimitable de la créatrice. La délicatesse se conjugue harmonieusement avec l’élégance. La robe en soie piquée de fleurs en laine fine n’a pas manqué de faire son effet. Dans cette collection, il était surtout question de fusion de matières improbables, pour un résultat des plus flatteurs.


Bunmi Koko lors de son passage a proposé quelque chose de très différent de ce à quoi elle a toujours habitué son public. Sur le podium, bien que ses exquises extravagances manquaient, toutefois, le vestiaire n’était pas pour autant fade. Les points forts : des couleurs qui accrochent, des pantalons à la coupe très juste, et surtout, la jolie cohésion.

Pierre-Antoine Vettorello ,lui aussi, n’a pas usé de la douce folie créative qu’on lui connait. Même si l’opus ne manque pas d’efficacité et de portabilité, on regrette un peu les robes flamboyantes que l’on avait aperçues lors de son défilé à la Fashion Week de Lagos en mars dernier.

Le duo Kluk CGDT a décidé de jouer la carte du romantisme à coups de dentelle et de soie. Chaque robe subjuguait par sa grâce et sa beauté.

Enfin, Lisa Folawiyo, de Jewel By Lisa, a encore une fois démontré qu’elle était une surdouée du crayon et des ciseaux, et par la même occasion, nous a fait succomber à nouveau. Pour cette collection, la créatrice nigériane a misé sur un esprit vintage et revisité le style nigérian des années 50 ainsi que les hits les plus marquants de son label. Autant dire que ce fut la part belle aux imprimés chatoyants et rebrodés dont elle a le secret. Mis à part les vêtements, il est important de préciser que les vraies stars de ce défilé étaient incontestablement les pochettes over-size qu’arboraient les mannequins. Un excellent cru.