En février, Ünkut va rouvrir son magasin à l’enseigne de Châtelet, à Paris, après quelques travaux. Plus qu’un changement de concept, cet agrandissement doit marquer l’ambition de développement de la marque.

Ünkut va élargir son offre avec des polos, une collection féminine et des jeans. Visuels Ünkut

«Nous reprenons le magasin en direct. Nous allons aussi quasiment doubler la surface et passer sur 200 mètres carrés explique Laurent Abiteboul, associé dont le frère Jérôme est PDG de la marque. Elle était auparavant gérée par un franchisé mais nous voulons développer un concept qui correspond plus à la marque Ünkut». Créée en 2004 par le rappeur français Booba et ses associés, Ünkut propose un streetwear emprunt de culture hip-hop. Aujourd’hui, la marque, toujours indépendante, garde cet esprit « Bling Bling », tout en revendiquant un positionnement premium sur ce marché avec des t-shirt à 40 euros et des polos entre 50 et 60 euros. Une stratégie à mettre en lien avec la récente implication directe de ses créateurs.

« Jusqu’à l’année dernière nous travaillions avec des licenciés. C’est un fonctionnement confortable mais la vision n’est pas toujours partagée car un licencié, qui peut avoir d’autres marques, peut ne pas avoir les mêmes priorités que vous. Nous avons décidé de reprendre la main, ce qui nous a permis de faire progresser la qualité. Nous avons connu une croissance des ventes de 30% et l’enjeu maintenant est que les clients trouvent plus facilement la marque ».
Aujourd’hui celle-ci compte 150 points de ventes en France avec une forte présence dans des multimarques spécialistes de l’urbain et du hip-hop. Elle a amorcé un développement au Québec, en Espagne, dans les pays francophones et les Dom-Tom. Et Ünkut veut élargir ses horizons. « On a eu des demandes des jeanners et des magasins sportswear, précise Laurent Abiteboul. Alors nous gardons l’identité streetwear, mais nous avons développé une gamme inspirée de références comme polo Ralph Lauren ».

Dans cette stratégie de diversification, une mini collection femme de 25 pièces voit aussi le jour. La marque développe enfin sa propre collection de jean’s avec des produits entre 80 et 100 euros. « A présent nous travaillons avec le réseau de détaillants, reprend l’associé qui précise aussi que la marque réalise entre 5 et 10 millions d’euros de chiffres d’affaires. Comme nous avons repris la main récemment nous tissons des liens. Nous travaillons sur l’aspect boutique avec trois types de corners différents ». Des éléments qui lui permettent d’envisager d’atteindre les 300 à 400 points de ventes sur l’Hexagone.

 

Par Olivier Guyot
pour Fashionmag.fr