2012 arrive à grands pas, et comme toujours, la fin d’une année est également synonyme de bilan. L’occasion pour la rédaction d’établir son top 10 des collections présentées par les créateurs de mode durant 2011.

10-Christie Brown, Printemps-Eté 2012

Comme pour beaucoup de designers africains, cette année a été le témoin de l’évolution remarquable d’Aisha Obuobi, la directrice artistique de Christie Brown. Lors de l’Africa Fashion Week de Johannesburg, elle a présenté une collection très moderne et féminine. La Ghanéenne, inspirée par les femmes de la tribu « Talensi » du nord de son pays, a fait de sa muse une glamazone qui n’a pas froid aux yeux. Au programme : jupes crayons qui soulignent les courbes, détails ingénieusement complexes et allure éclectique.

9-Lanvin, Automne-Hiver 2011/2012

Chez Lanvin, Alber Elbaz frise toujours l’excellence. Entre les matières belles et luxueuses, les découpes féminines, et l’élégance qui en émane, le créateur se trompe rarement, voire jamais. L’Automne-Hiver 2011/2012 a été un énième exercice réussi. Une certaine rigidité s’affrontait sur le podium avec de la sensibilité, mais toutes les deux restaient émouvantes. Petit bémol néanmoins : bien qu’étant l’un des meilleurs ambassadeurs du chic à la française, Elbaz devient au fil des saisons de plus en plus répétitif. Quelques prises de risques seraient les bienvenues.

8-Jewel By Lisa, Printemps-Eté 2012

Plus que jamais au sommet de sa forme, Lisa Folawiyo a proposé pour le printemps et l’été prochains ce qui pourrait être sa meilleure collection à ce jour. La créatrice nigériane a misé sur un esprit vintage et revisité le style nigérian des années 50 ainsi que les hits les plus marquants de son label. Autant dire que ça a été la part belle aux imprimés chatoyants et rebrodés dont elle a le secret. Carton plein.

7-Anthony Vaccarello, Printemps-Eté 2012

Cette année, il a remporté le prix de l’ANDAM (association nationale pour le développement des arts de la mode), et le mérite amplement. Anthony Vaccarello, jeune designer belge, magnifie la féminité à l’instar d’un Alaïa ou d’un Oscar de la Renta. Son opus estival se voulait une ode à la sensualité caractérielle. Les robes, structurées par des attaches métalliques dorées, aux lignes graphiques, rappellent furtivement l’art déco. De véritables armes de séduction massives qui subliment les silhouettes.

6-Bridget Awosika, Printemps-Eté 2012

Elle, c’est véritablement LA révélation de cette année pour la Rédaction. Grâce à son style unique et avant-gardiste ainsi qu’à sa technique, elle a su nous séduire. Efficace aussi bien dans les détails que dans l’originalité de ses coupes, Bridget Awosika représente la mode de l’avenir. Son audace, elle a su la mêler avec davantage de douceur et d’émotion pour son opus printemps/été 2012. Les pièces jouissent d’un capital sexy parfaitement maitrisé et flirtent avec une allure edgy. Et si la cohérence était ce qui manquait à ses précédentes collections, la nigériane a très bien su corriger ce défaut. On adhère totalement.

5-Céline, Automne-Hiver 2011/2012

Depuis son arrivée chez Céline, Phoebe Philo n’a jamais déçu. Elle fait du chic radical sa spécialité et du néo-minimalisme sa force. Pour l’automne/hiver, son propos mode consistait en d’élégants manteaux en feutre, des slims, posés bas sur les hanches, coupés dans de la gabardine et en des petits pulls rayés de façon originales et colorés. Non seulement la justesse des coupes est impressionnante, ça tient la route comme à chaque fois. De plus, on perçoit des références à Helmut Lang utilisées à bonne escient. Que demande le peuple ?

4-Duro Olowu, Automne-Hiver 2011/2012

En février dernier, le designer anglais originaire du Nigeria, Duro Olowu  présentait pour la toute première fois sa collection à New York. Il s’émancipait des courants de la mode afin de se ranger dans son propre créneau. Les tenues se caractérisent par un subtil jeu sur les longueurs et les proportions. La couture est aiguisée mettant en scène des tissus aux imprimés complexes et des pièces très urbaines, le tout s’agençant sans difficulté majeure. Il ressort une époustouflante exubérance des chocs d’imprimés. Bien qu’Olowu s’inspire énormément du pagne africain, on note également une réminiscence de plusieurs courants artistiques tels que le fauvisme caractérisé par les couleurs vivaces prenant parfois le pas sur les coupes, le cubisme avec le côté très géométrique de certains motifs et même un clin d’œil à l’Art Deco. Ici, les  longues robes de cocktails se refusent à la niaiserie, souvent marquées par un brin d’humour mais jamais ridicules, idem pour les manteaux en velours imprimé et les maxi-cardigans en lurex. Au final, un opus dans la pure tradition Duro Olowu, tout à fait particulier et lourd en références artistiques.

3-Prabal Gurung, Automne-Hiver 2011/2012

Jeune prodigue asiatique, Prabal Gurung surprend avec sa collection automne/hiver qui se veut une parfaite définition du mot « Glamour ». Les matières sont riches, rivalisant avec la complexité des coupes et les mélanges de techniques. Outre ce parfait exercice de style, l’opus voyage dans le temps. Évoquant tantôt les années 30, tantôt le XIXe siècle des « Grandes Espérances », le créateur a opté pour une féminité exacerbée et flamboyante. Comme il le dit lui-même, ce discours mode  est « spécial et unique »  : nous applaudissons.

2-David Tlale, Croisière 2011

Pour David Tlale, la médiocrité et le banal ne sont pas des options. En juillet dernier, il présentait sa collection croisière 2011 dans une galerie d’art de la ville du Cap (Afrique du Sud). Les mannequins posaient comme des statues dans des toilettes luxueuses et raffinées. Des robes faites de soie, de dentelle, de tulle ou encore d’organza qui captivent grâce à leur beauté et leur grâce. Parfaites pour les plus grands tapis rouges, elles sont à l’image de leur créateur : uniques, subtilement extravagantes et marquantes.

1-Alexander McQueen, Printemps-Eté 2012

Nouvelle directrice artistique de la maison anglaise depuis la mort du fondateur, Sarah Burton a remporté cette année le British Award du designer de l’année. Une récompense amplement méritée au vue du travail accompli. Dès les premières silhouettes de la collection automnale, on se retrouve tout d’abord subjugué par la sensibilité que l’anglaise apporte à la maison. Puis, c’est l’incroyable savoir-faire technique superbement maitrisé qui laisse sans voix. Cet opus, qui tient davantage de la haute couture que du prêt-à-porter, comprend des modèles à l’aura magique et fédérateurs de rêve. Tout est parfait. Que ce soit la robe à corset entièrement composé de bris de porcelaine bleue à fond blanc sur une grande jupe écumante de mousseline ou encore les manteaux et les tailleurs en tweed, impeccablement coupés, relevés à coups de plumes et de fourrure. Les souliers non plus ne sont pas en reste : ces chaussures comme sculptées aux allures folles et architecturales complètent à merveille ce vestiaire d’une force émouvante et délicate. Sarah Burton est parvenu à redonner toutes ses lettres de noblesse au mot luxe et continue à faire vivre sous un autre jour l’héritage McQueen.