L’Oréal: bientôt un centre de recherche en Afrique ?

Le 25 novembre, le PDG  de L’Oréal, Jean-Paul Agon, a indiqué que son groupe envisage de créer un centre de recherche en Afrique dans le cadre de sa stratégie de création de produits grand public adaptés aux différents marchés. Voici ce qu’il a déclaré lors d’un débat sur la mondialisation et l’innovation organisé par HEC: « L’Oréal développe des centres de recherches sur chacune de ses plaques régionales, comme à New York, Rio de Janeiro, Tokyo, Shanghai, Bombay  et probablement un jour aussi sur le continent africain […] C’est un projet naturel. Après l’Amérique du Nord, l’Amérique latine, l’Asie du Nord, l’Asie du Sud, il est logique que la prochaine étape soit en Afrique».

M. Agon a souligné, lors du débat, que L’Oréal concevait ses innovations au niveau mondial, mais que « la transformation en produit fini pour le consommateur (est) différenciée sur les huit plaques régionales ».

S’agissant de l’Afrique, il a observé que « dans certains pays africains, la vague n’est pas encore là (…) pour nous porter » et a estimé que le développement en Afrique devrait être « très hétérogène ». Mais « au Nigeria, on voit que la vague est en train de venir », a-t-il dit.

Le groupe, qui était déjà implanté en Afrique du Sud, a créé dans les dernières années des filiales au Nigeria, au Kenya et au Ghana.

Le PDG de L’Oréal a rappelé l’objectif du groupe de gagner un milliard de nouveaux consommateurs dans les dix à quinze ans à venir, principalement dans les marchés émergents.

La classe moyenne de ces pays va passer d’un milliard de personnes il y a 4-5 ans à 2,5 milliards dans 10 ans, a-t-il estimé. « Le grand pari stratégique pour L’Oréal, c’est d’être capable de capter ce milliard et demi de nouveaux consommateurs avec nos marques et nos produits », a-t-il dit.

M. Agon a souligné que L’Oréal « arrive à peu près dans le monde entier, à quelques exceptions près, par exemple en Inde; à vendre (ses) produits au même prix ».

« La profitabilité de nos nouveaux pays n’est pas inférieure significativement à la profitabilité de nos pays existants et surtout, elle a tendance à progresser très rapidement », a déclaré le patron de l’Oréal.