Pour le décor de son show au Grand Palais, Lagerfeld créé 75 « œuvres d’art » qui jouent éhontément avec les codes de la maison Chanel : une immense bouteille de parfum en faux marbre étiquetée « unsinkable » (« insubmersible ») ou un tube de rouge à lèvres géant, placé au centre d’un double C de trois mètres de hauteur, baptisé « Logo crossing » et où ne manque plus que la signature d’un Jeff Koons. « Chanel fait de l’aaaart !», glousse Lagerfeld après le show. «Autrefois, les couturiers voulaient absolument entrer dans la norme sociale, parce qu’ils étaient de simples artisans. Maintenant ils veulent tous qu’on les considère comme des artistes. La plupart semblent oublier que leur métier, ça n’est jamais que faire des robes, non ? »
Cette collection printemps/été 2014 est particulièrement prolifique et inventive. À commencer par le choix des couleurs, inspirées d’une palette de peintre dénichée chez un antiquaire, avec une gamme vitaminée de fraise écrasée, citron amer et bleus atlantiques, déclinés sur des jupes au-dessus du genou admirablement coupées, costumes de bain, robes du soir, chics sacs à chaîne, et même sur une chemise d’homme, portée par le seul et unique mannequin mâle du défilé.