Après une semaine et un peu plus, durant laquelle la capitale française a vibré au rythme des défilés printemps/été 2012, la Fashion Week s’est achevée. Comme toutes les saisons, les podiums nous ont livré de belles choses, d’agréables surprises, mais aussi du moins du bon. Retour en images et en commentaires.

Depuis la saison dernière, on constate que Riccardo Tisci procure peu à peu une allure différente à la femme Givenchy. Laissant derrière lui l’aspect gothique et excessivement romantique de ses propositions précédentes, le créateur italien s’est laissé influencé par les fonds aquatiques pour ce nouvel opus. Les mannequins paradent dans des jupes, robes et pantalons ajustés avec précision, dont les coupes s’inspirent de silhouettes de sirènes. On apprécie beaucoup le jeu entre transparence et opacité, exercice extrêmement maîtrisé par le Tisci. Un vestiaire aux parfums de lointaines abysses qui promet un vrai succès pour la maison en boutique.




(Givenchy)

Encore une parfaite exécution de Phoebe Philo pour la marque française Céline. Toujours dans une optique très minimaliste, mais toutefois pas ennuyante, la collection est une sorte de voyage dans le passé avec une incroyable note contemporaine. La styliste s’inspire des années 40, années 50 et 60 pour confectionner ses silhouettes. Toutefois, grâce à des effets de coupes et la touche sportwear qu’on lui connait, elle arrive à y apporter une toute nouvelle dimension. Par exemple, on retrouve sur le podium l’iconique veste Bar subtilement revisitée, faite dans de la popeline et d’un blanc chirurgical. Les pantalons se portent larges et recouvrent entièrement la cheville. Du très bon, à nouveau.




(Céline)

C’est une Stella McCartney au top de sa forme que l’on retrouve. Elle présente une femme délicate et sensuelle à la fois, qui se vêt de petites jupes un brin suggestives, de blazers oversize au tombé irréprochable, qu’elle n’hésite pas à associer à de ravissantes petites robes. Il y a des pantalons, de la maille, et quelques polos pour un brin de douce nonchalance. Point fort : les détails baroques que l’on aperçoit sur les échancrures et ourlets de certaines robes.




(Stella Mccartney)

Nommée à la direction artistique de Chloé après le départ de Hannah McGibbon, Clare Waight Keller, était très attendue au tournant pour son premier défilé pour l’enseigne. Et il va s’en dire qu’elle a plutôt bien remplie sa mission. Si depuis quelques saisons, la femme Chloé perdait progressivement de sa candeur, l’anglaise a livré une silhouette neuve et fraîche, fidèle à l’esprit 70’s de la maison qui a su ravir tous les professionnels du milieu présents. Elle prouve ainsi qu’elle ne démérite pas sa position et on espère qu’elle pourra apporter néanmoins un peu plus de légèreté à son travail la saison prochaine.


(Chloé)

Pari tenu aussi chez kenzo où Humberto Leon et Carol Lim, fondateurs du label Opening Ceremony, ont repris la direction artistique. Ils présentent une collection mélangeant des teintes fraîches et fortes ainsi qu’un esprit sportwear avec celui, libre et ludique de Jungle Jap, le label lancé en 1970 par Kenzo Takada.


(Kenzo)

Du côté d’Isabel Marant, pas grand chose à dire. Si ce n’est qu’on continue à trouver ça dommage que la créatrice, collections après collections, ne propose rien de nouveau, se contentant d’aligner des pièces aussi commerciales qu’ennuyantes artistiquement parlant.


(Isabel Marant)

Du côté d’Yves Saint Laurent, avec Stefano Pilati aux commandes, on s’ennuie rapidement et on s’étonne quelque peu du manque de cohérence dans l’opus. Les imprimés vont dans tous les sens et ne s’accordent pas vraiment. Légère déception donc de la part d’une maison qui a toujours pour habitude de nous éblouir par son chic austère et parfaitement maitrisé. Comme le dirait les anglais : « What’s going on Stefano ? »


(Yves Saint Laurent)

Alors que ses deux précédentes collections nous avaient fortement convaincus, c’est sur un air dubitatif que l’on a vu défiler les silhouettes du designer turc Hakaan Yildirim. Trop de gimmicks propres à Céline, Balmain, Givenchy ou encore Alaïa pour que cet opus jouisse d’un minimum d’identité. Malgré tout, on salue comme à chaque fois la mise en valeur des courbes.



(Hakaan)

Pour le retour sur les podiums de la marque Paco Rabanne, on assiste à une rencontre étincelante entre l’univers opulent et bollywoodien du nouveau directeur artistique Manish Arora et celui, pour le moins métallique, aux accents sixties de la maison française. Arora a su à merveille reprendre les codes du très excentrique et novateur Rabanne et les conjuguer avec les siens. Un beau spectacle.



(Paco Rabanne)