Après New-York et Londres, tout le microcosme mode s’est rendu dans la capitale lombarde à l’occasion de la semaine des défilés. Revue de trois défilés qui ont particulièrement attiré l’oeil de la rédaction.

Encore une fois, Miuccia Prada a prouvé qu’elle était une véritable alchimiste du prêt-à-porter en réussissant à s’inspirer du style des élégantes d’antan et d’aboutir à des silhouettes au combien modernes, et terriblement dynamiques. Tout cela en oubliant pas d’ajouter des éléments totalement insolites. Pour le printemps/été 2012, la femme Prada se vêt de jupes à hauteur du genou, souvent taille haute, parfois en cuir ou encore plissées, affublées de flammes. Elle n’hésite pas à montrer son nombril et arbore des sandales à talons aiguilles ornées de phares de voiture ou de flammèches découpées dans du cuir. La mode n’étant plus tellement une affaire de saisons, on pouvait apercevoir de superbes manteaux à satin duchesse dont la coupe n’est pas sans rappeler celle des blousons teddy. Que dire des robes en mousseline qui conféraient aux mannequins une allure forte mais délicate à la fois ou bien des guipures extrêmement féminines et pas pour le moins désuètes comme on pourrait s’y attendre ? Une nouvelle plongée fascinante dans l’imagination sans limites de Madame Prada. On en redemande.

(Prada)

Chez Jil Sander, Raf Simons fait lui aussi appel aux fifties. Sur le podium, les filles déambulent dans diverses robes d’un blanc immaculé, variantes de la chemise en coton blanc, indispensable de l’ADN maison. D’autre part, les jupes sont serrées, fendues à l’arrière et descendent jusqu’aux mollets, conférant ainsi une allure austère et chic très chère à la fondatrice de la maison. Le pantalon se pare de Vichy, le bibi à voilette est de rigueur, de doux imprimés se glissent ça et là. On applaudit ce vestiaire sophistiqué, certes un peu « intello » sur les bords, qui ne manquera toutefois pas d’affoler fashionistas dès sa sortie en boutique.

(Jil Sander)

Rares sont les saisons où nous sommes convaincus par Donatella Versace. En effet, le bling-bling et le sexy sont souvent utilisés en excès quitte à tomber dans le vulgaire. Cette fois-ci, il n’en est pas question. Paradant devant le public présent, les muses Versace ont l’air de sirènes urbaines. Les imprimés marins s’avèrent de mise : des étoiles de mer, des hippocampes et des coquillages campent des robes bustier ou des micro-shorts. Par ailleurs, les tons pastels ont la part belle, du blanc au lilas en passant par le bleu et le jaune. La sensualité tout en romantisme.

(Versace)