Suite des défilés Automne/Hiver 2012-2013 à Paris.

Dries Van Noten : Cap sur l’Orient

A l’Hotel de Ville, le styliste anversois était au top de sa forme. Toujours aussi inspiré par le voyage et l’ailleurs, Dries Van Noten a été influencé par l’iconographie asiatique. De fait, il est allé piocher des motifs venus d’Orient dans les archives du Victoria & Albert Musuem à Londres. Les imprimés de kimonos recouvrent avec délicatesse les robes, blouses en soie et les manteaux, coupés avec rigueur. L’épure de la silhouette s’accorde comme il se doit avec les éléments un peu plus audacieux tels qu’une veste oversized orange vif. Mention spéciale aux vestes d’officer finement brodées d’or. Van Noten signe là une des meilleures collections de la saison, brillant syncrétisme de tailoring, de codes militaires et références orientales.

Mugler : Une réminiscence échouée.

Depuis son arrivée en tant que directeur artistique chez Thierry Mugler, Nicola Formichetti n’a toujours pas vraiment convaincu quant à la pertinence de son actuel poste. Quoiqu’il en soit, pour cette nouvelle collection hivernale, le styliste de Lady Gaga et son acolyte, Sébastien Peigné, ont décidé de rendre hommage à l’iconique collection « Insectes » du printemps-été 1997 élaborée par Thierry Mugler lui-même.  Même si l’intention est louable, le duo n’arrive pas à restituer correctement l’ADN maison. Comme les saisons précédentes, on reste dans une caricature de l’extravagance, certes pointue au possible, mais très peu esthétique. Par ailleurs, les designers veulent nous faire croire à l’originalité du vestiaire qui n’est pourtant que mascarade. Au détour d’une silhouette, on reconnait du Rick Owens, du Gareth Pugh et même du Tom Ford, période Gucci. Alors que certains créateurs, à l’instar de Phoebe Philo chez Céline, manient avec brio l’art du patchwork de matières, ici, le mélange de cuir, de laine, de coton et de crocodile sur une même tenue est complètement rebutant. Malgré tout, on applaudit la volonté de se diriger vers quelque chose de plus concret, contrairement à l’automne/hiver 2011-2012 et le printemps/été 2012, où la fièvre médiatique et gagaesque était au coeur des opus. Ce sera pour la prochaine fois…peut-être.

Crédits photos : GoRunway.com