Le prix Femina décerné à l’écrivaine camerounaise Léonora Miano

Avec La Saison de l’ombre, les jurées du Femina ont récompensé le septième roman de l’écrivaine camerounaise Léonora Miano, née à Douala en 1973.

 

image

 

Résumé:

 Le roman débute après l’attaque et l’incendie des habitations des Mulongo, un clan imaginaire, qui vit à l’intérieur des terres.. Douze hommes ont disparu lors de ce rapt éclair, totalement incompréhensible. Comment imaginer les bateaux négriers quand on n’a jamais vu la mer ni affronté l’impensable arrogance des « étrangers aux pieds de poule », ces Européens dépêchés sur les côtes africaines pour bourrer leurs bateaux de bétail humain ? Le premier réflexe du conseil des (vieux) notables est de placer en quarantaine les femmes, « dont les fils n’ont pas été retrouvés » : comme si elles y étaient pour quelque chose…

Contre cet aveuglement, ils sont pourtant plusieurs à se dresser :au cours d’une quête initiatique et périlleuse, les émissaire du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.

Après Les Aubes écarlates (édition Plon, 2009), traitaint déjà des « disparus » de l’esclavage, La Saison de l’ombre  met en avant le petit peuple des broussards, « ceux dont on ne dit jamais rien », comme les a désignés l’auteur, en 2011, dans un discours prononcé au Brésil, publié dans Habiter la frontière (L’Arche, 2012). « Lorsqu’on parle de ce qu’a été le trafic négrier pour l’Afrique, soulignait alors Léonora Miano, on oublie ces millions d’anonymes à qui quelqu’un a été arraché. Les mères. Les promises. Les fiancés. Les frères (…). Tout est devenu tellement abstrait qu’on ne semble plus se souvenir que c’est sur des êtres humains que cette horreur a fondu. » Également oubliés par l’histoire : ceux qui, sur place, ont résisté – mais se voient « passés sous silence parce qu’ils ont perdu la bataille » ou peut-être, ajoutait la romancière, parce que les reconnaître contredirait la « présentation fallacieuse » de l’Histoire, qui veut que les Africains d’une façon générale aient vendu leurs frères aux étrangers. L’auteur a ainsi voulu réhabiliter tous ces « invisibles ».

Un roman à découvrir sans plus attendre !

Disponible dans toutes les librairies ou ici.