[INTERVIEW] Darrell, la relève hip hop française.

La découverte de nouveaux talents sur la scène musicale française, est une des volontés premières de Fashizblack. Aujourd’hui, c’est un artiste unique par son talent, par son univers, et par ce qu’il représente et dégage qui a retenu notre attention.

Darrell Eichem Mbow que l’on appellera plus simplement Darrell, est un auteur, compositeur, interprète, créateur-styliste et mannequin (pour Zara, Nike ou bien encore Adidas), qui semble être la nouvelle sensation rap dont tout le monde entendra très bientôt parler.

A l’approche de la sortie ce 25 octobre de son premier single – et du clip par la même occasion – nous sommes allés à la rencontre de cet artiste talentueux de 21 ans aux multiples casquettes qui est en train de créer le buzz en ce moment avec plus de 13 000 fans sur sa page fan facebook et seulement pour l’instant 1 vidéo musicale sur son compte youtube !

Entretien avec le futur « ovni » du hip hop français :

 

– La question que tout le monde se pose : mais qui est Darrell ?

Un jeune homme de 20 ans, né à Paris d’une mère espagnole (algérienne-espagnole pour être plus précis) et d’un père sénégalais. Darrell c’est quelqu’un de simple, qui comme pleins de jeunes aujourd’hui a des rêves et des ambitions. Ambition de réussir tout ce qu’il entreprend, notamment dans la musique et la mode.

 

– Quand est-ce que tu as commencé le rap ?

Avant c’était plus officieux qu’autre chose. J’ai commencé vers l’âge de 14-15 ans, et c’était juste pour m’amuser au début. Et c’est seulement il y a on va dire deux ans que j’ai véritablement commencé.

 

– Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?

En fait, c’est venu tout seul. Je suis quelqu’un qui ne parle pas beaucoup, qui est très réservé mine de rien. J’ai fait du foot dans un centre de formation, cela me permettait de m’exprimer, et la musique que je faisais déjà à ce moment là était pour moi un des seuls moyens de m’exprimer vraiment. De mettre des mots et des émotions sur ce que je voulais dire, devenir.

 

– Tes influences musicales ?

MC Solaar, Youssou N’Dour (j’écoute notamment beaucoup de mbalax). Et pour tout ce qui est rap US, ça va de Jay Z, Kanye West, Wu Tang [Clan], à Drake ou bien encore Lupe Fiasco que j’aime bien aussi.

 

– Comment identifierais/définirais-tu ton style musical ?

Ce serait la bande originale de ma vie. C’est comme si mon coeur avait des haut-parleurs. Il y a du rap, mais aussi des choses qui ne sont pas forcément du rap ; parfois je chante. En tout cas, ça reste urbain, avec constamment cette idée de ma musique comme mes yeux, les haut-parleurs de mon coeur.

 

– C’est donc un début de carrière musicale qui commence pour toi : es-tu signé sur un label aujourd’hui ?

Pour l’instant, mon manager et producteur – Shoya West – et moi, avons décidé de rester indépendant. Ça fait 3-4 ans que je connais Shoya. Il est devenu comme un père pour moi, et pour tout ce qui est carrière, je lui fais entièrement confiance.

 

– Tu es actuellement en train de préparer la sortie de ton clip « Jeune et Con », dont la sortie du single se fait le même jour, ce 25 octobre. Peux-tu nous en dire plus sur ce titre ?

A la production pour « Jeune et Con » on a Shoya West ; à l’instru on retrouve James Bks [qui a collaboré avec Snoop Dogg, Busta Rhymes, P. Diddy, ou bien encore Estelle). Le titre a été masteurisé par Colorsound Studio (qui ont fait des sons pour David Guetta). C’est moi qui ai écrit le titre. On peut observer sur le morceau qu’il y a une voix de femme sur les refrains, en fait c’est aussi moi qui chantait sur ces refrains en plus des couplets, mais il me fallait une femme pour le chanter et apporter un « point de vue extérieur ». Ce titre explique le passage d’une période de ma vie, comme si je me parlais à moi-même, comme si je me regardais dans le miroir et comme un flashback, j’observais tout ce qui a pu se passer dans ma vie. Et est sorti de cette observation le fait que je sois en fait à la fois jeune et con. Et je pense que beaucoup de personnes vont s’y reconnaître parce que je ne suis pas le seul à être passé par ces états-d’âme là, et ne serais pas le dernier d’ailleurs. Même nos parents, tatas, tontons, sont passés par là.

 

– A quel type de public se destine ce titre ?

Comme dit précédemment, il n’y a pas un public spécial de ciblé. Ce pourrait même être des vieux, parce qu’avant d’être vieux, ils ont été jeunes.

 

– Peux-tu nous dévoiler quelques exclus sur le clip de « Jeune et con » actuellement en préparation ?

On a tourné le clip il y a deux semaines, et les dernières scènes ont été tournées il y a une semaine. Pour moi le clip est original dans le sens où ce n’est pas un « clip cliché » comme dans tout ce qu’on peut voir dans le rap en ce moment, et que j’aime moi-même beaucoup néanmoins, car s’il y a des clichés c’est que ça plait forcément. C’est aussi un clip assez intime car les personnes présentes dans le clip sont mes vrais amis, il n’y a pas de figurants. La petite info croustillante par ailleurs serait la présence d’un petit jean bien sympa dans le clip.

 

– Quel est ton regard sur le rap français aujourd’hui ? Où te situes-tu dans ces artistes-nouvelles générations comme 1995, Orelsan… ?

Je ne m’y situe pas. Je pense qu’ils ont une vision particulière de leur musique. Et leur musique est très bien de ce point de vue là, je n’ai rien à y redire. Mais chacun fait son art comme bon lui semble. Ça ne va pas être original ce que je vais dire mais ce que je peux dire c’est que dans le milieu rap aujourd’hui en France, il y a du retard. Et même plus que du retard, je pense qu’il y a un manque d’originalité où chacun veut faire comme l’autre et veut être le plus « ghetto » possible. Ils représentent au final des valeurs qui ne sont pas forcément les miennes, et j’ai l’impression d’être un ovni on va dire, dans tout ça.

 

– Justement, que penses-tu pouvoir y ajouter, à cette musique d’aujourd’hui ?

De la sincérité, avec les bons et les bons mauvais côté de ma vie. Et aussi du rêve parce que je suis un grand rêveur et que j’ai moi aussi envie de faire rêver les gens comme d’autres m’ont fait rêver. C’est un des objectifs que je me suis donné à atteindre. Je veux que les gens se disent : « Je vais réussir comme lui a réussi ». Et cela de la même façon que des grandes personnalités comme Obama par exemple, ont fait rêver des millions de petits jeunes comme nous, issus de l’immigration africaine.

 

– Alors, je sais que tu es un mannequin, et j’ai pu voir que tu es aussi un entrepreneur, un créateur, et que tu as ta ligne de vêtement « O.V.I.D. ». Peux-tu nous en dire plus ?

 OVID veut dire « Originalité Versus Idéal ». L’idée serait que l’originalité et l’idéal ne sont pas forcément incompatibles, et que pour être l’idéal de quelqu’un, il faut avoir sa propre originalité. J’ai créé cette marque avec mon graphiste Fckreation, mon cousin Larry Cohen, un ami d’enfance, Kevin Tohou et plus récemment Sodip’s nous a rejoint pour s’occuper du pôle U.K . Ça s’est fait naturellement, partant d’un délire sur facebook où nous nous sommes dits que nous allions faire un T-Shirt. Un prototype a été fait où il y avait écrit : « paix », « amour », « style » et « tolérance » en hébreu avec en plus tous les sigles religieux. Il s’agissait d’un message de paix et d’unité, et les gens s’y sont intéressés. On a commencé par lancer par la suite un site internet, puis une collection. Et une grosse entreprise de distribution : Amazon.fr nous a contacté il y a 3 mois environ pour s’occuper de tout qui était distribution/vente. Nous travaillons donc maintenant directement avec eux. Ça va faire 6 mois qu’on a créé la marque et aujourd’hui on a une ligne de bijoux pour hommes et pour femmes de prévue d’ici 2 à 3 mois.

 

– Je crois savoir qu’un projet de nouvelle collection est à venir : de quoi s’agit-il ?

Cette nouvelle collection est déjà sortie. C’est une collection minimaliste avec par exemple un T-Shirt avec juste un noeud papillon avec écrit dessus « Je suis chic » sur le côté, et le nom de la marque, ou bien encore un T-Shirt avec les reflets de Charlie Chaplin. Il faut vraiment les voir, c’est vraiment original et cela reste dans un style minimaliste, et à la fois simple. Il n’y a pas mieux que la simplicité je pense, et ce sont les petits détails qui font tout.

 

– Des projets à venir après la sortie du single et du clip, « Jeune et con » ?

 Un second single intitulé « Le coeur qui parle ». Si « Jeune et con » est déjà personnel, « Le coeur qui parle » l’est encore plus. Il est prévu pour début 2013 et est fait en collaboration avec le rappeur Layne Harper qui est signé sur Def Jam et a notamment travaillé avec Kanye West. 

 

– Un album de prévu ?

Oui, pour courant 2013. On enregistre beaucoup. Je suis assez productif en tant qu’auteur et j’enregistre énormément de titres, ayant la chance d’avoir des amis qui ont des studios chez eux. Il peut m’arriver de faire 6 titres en 1 semaine, et ces titres peuvent parler de la même chose car tout est lié à ce que j’ai dans mon coeur à ce moment donné, à mes émotions. Il y aura je pense 12-13 titres sur l’album et on doit être à 6-7 morceaux de validés pour l’instant.

 

– Un dernier mot pour tes fans ?

Restez vrais et soyez jeunes et cons …mais pas trop !  

On peut retrouver Darrell  sur les réseaux sociaux que voici :

Facebook : Darrell

Twitter : @yeadarr

Tumblr : leblogdedarrell.tumblr.com

Site officiel (qui sera officiellement lancé ce 25 octobre 2012) : yeadarrell.com

Site officiel OVID : OV.ID