Samuel Eto’o en colère contre beIN Sport !

Dans une lettre publiée sur le site officiel de Samuel Eto’o, l’ex-pichichi du FC Barcelone s’en est pris à la chaîne française de télévision beIN Sport pour le « réquisitoire à charge » fait par la chaîne contre sa personne.

Il faudrait remonter en octobre pour connaitre les raisons de sa colère, d’ailleurs bien expliquées dans son communiqué : les reporters de beIN Sport étaient présents à Yaoundé à l’Hôtel Hilton, tanière des Lions Indomptables, pour faire un reportage spécial sur le match décisif entre le Cameroun et le Cap Vert qui devait avoir lieu le 14 octobre 2012. Ainsi installés à Yaoundé, ils suivirent les Lions du 8 au 15 octobre dans leurs préparations pour la rencontre tant attendue. Or, lorsqu’ils reviennent à Paris, le reportage qui est diffusé par la chaîne donne – en tout cas selon Eto’o – une image pas très glorieuse de lui. En effet, beIN Sport présente le capitaine des Lions Indomptables comme très « perso », préférant suivre ses propres consignes de jeu plutôt que ceux du coach, Jean-Paul Akono. Aussi, la chaîne aurait présenté le joueur d’Anzhi comme plus préoccupé par son affaire de télécom’ que par cette rencontre plus que capitale pour le Cameroun.

La lettre d’Eto’o :

« Liverpool, le 24 octobre 2012

Droit de réponse à l’attention du directeur de la Rédaction de beIN Sport

Monsieur le Directeur de la Rédaction,

Votre chaîne a pris l’initiative de faire un reportage sur le match qui a opposé le Cameroun au Cap Vert dans le cadre des éliminatoires pour la coupe d’Afrique des Nations 2013, diffusé jeudi 18 octobre 2012. Cette initiative qui était à priori louable, s’est transformée en un réquisitoire à charge contre ma personne.

La liberté d’expression que je chéris m’incite à ne pas m’attarder sur certains propos ironiques quant à l’accueil que j’ai reçu de la part de mes compatriotes qui ont souhaité m’exprimer leur soutien, suite à mon retour en équipe nationale à la demande du Chef de l’Etat. Votre journaliste y voit un show politique, je lui laisse la responsabilité de ses propos.

Je ne m’attarderais pas non plus sur l’omnipotence que me prête votre journaliste. Je ne crois pas, pour ma part, avoir outrepassé le rôle et les prérogatives qui m’ont été octroyés par l’encadrement technique de la sélection nationale, ni avoir manqué de respect à qui que ce soit même si les montages opérés par votre chaîne et les commentaires orientés qui les ont servis essayent d’affirmer le contraire.

Je me garderais de dire ce que je pense des montages douteux qui ont été faits pour servir ce réquisitoire afin d’éviter de me montrer désobligeant à l’endroit de votre chaîne. J’estime néanmoins que de tels procédés sont loin de l’éthique qui sied à votre profession.

Par contre, je ne laisserai pas passer des propos diffamatoires, qui remettent en cause mon éthique professionnelle et personnelle et portent atteinte à mon image et à mon honneur.

En effet, votre journaliste a cru devoir affirmer, je cite : « Samuel ETO’O est dans sa bulle, plus en contact avec l’extérieur que le groupe lui-même. Lors d’une répétition contre une équipe locale, il n’a pas joué, la raison invoquée, il doit soigner un hématome. / Scène surréaliste, à 10 minutes du coup d’envoi de ce match, il apparaît préoccupé, son entreprise de téléphone ETO’O TELECOM va mal, une réunion de crise est prévue le même jour en sa présence. / Scotché à son portable, ses affaires le tracassent plus que la confrontation du jour et la préparation du match contre le Cap Vert ».

Ces propos sont mensongers et le montage qui est fait pour les servir est scandaleux. Lorsque le journaliste sous-entend que j’ai simulé une blessure pour ne pas jouer le match de préparation, il remet en cause mon intégrité professionnelle.

Lorsqu’il affirme que je suis préoccupé en raison de la santé de mon entreprise ETO’O TELECOM, il fait des amalgames, sans aucune preuve factuelle, entre ma vie professionnelle qui est sportive et ma vie extra-professionnelle. A quoi peut-il mesurer mon état de préoccupation et surtout comment peut-il déterminer ce qui me préoccupe ?

Lorsqu’il affirme qu’une réunion de crise est prévue le même jour en ma présence, il s’agit d’un mensonge grotesque. Aucune réunion n’a eu lieu ce jour, et encore moins en rapport avec une quelconque situation d’urgence de ma société.

Il est ridicule et insultant de laisser entendre que j’ai attendu le regroupement en vue d’un match d’une importance capitale pour le pays, pour tenir une réunion d’urgence concernant mes activités extra-professionnelles. L’affirmer c’est remettre en cause mon professionnalisme ainsi que mon attachement à mon pays. Comment peut-il oser affirmer sans le moindre élément factuel que j’ai sciemment choisi de faire passer mes intérêts personnels avant mes intérêts professionnels et patriotiques ?

De telles affirmations sont diffamatoires et destinées à me nuire car je ne vois pas comment votre journaliste pourra invoquer l’exception de bonne foi journalistique ou de vérité pour démontrer une absence d’animosité personnelle à mon égard. Il n’a fait preuve d’aucune prudence dans ses propos et ne dispose d’aucune prudence dans ses propos et ne dispose d’aucun élément pour les étayer.

Je vous demande par conséquent de bien vouloir diffuser ce droit de réponse dans des conditions techniques équivalents à celles dans lesquelles a été diffusé votre reportage et de veiller à lui assurer d’être diffusé de manière que lui soit assuré une audience équivalente à votre reportage.

Pour rappel, ces propos ont été diffusés dans deux émissions phares de votre chaîne, « Le Club » et « Expresso », et enfin sur votre site internet.

Je me réserve le droit d’agir en diffamation devant les tribunaux compétents.

Dans l’attente de votre prompte réaction, je vous prie d’agréer, Monsieur le directeur de la rédaction, l’expression de mes sincères salutations.

Samuel ETOO ».

En voilà qui n’est définitivement pas content.

Affaire à suivre donc !