Réflexions libres et sentiments partagés d’un enthousiaste de la vie, de culture, des gens et surtout de la mode (quand même !). Quatrième degré éventuellement requis.

 Le mois dernier, il s’est passé des tonnes de choses dans la mode. Sérieuses des fois, futiles souvent. Eh oui darrrrling, c’était le mois de Fashion Weeks avec son lot d’incidents et de drames de Paris à New York en passant par Londres et Milan. Mais malheureusement, on a failli en être détourné à cause d’une certaine Miley Cyrus.

Concrètement, si durant les trois dernières semaines vous n’avez pas entendu parler de l’épique performance de la jeune chanteuse aux derniers MTV Video Music Awards, il serait bien de vérifier que l’on ne vous a pas enfermé secrètement et mystiquement dans un univers parallèle. Miley et ses photos ont dernièrement fait le tour de la planète, ou plutôt de l’internet : Miley qui se découvre une passion pour le twerk, Miley qui secoue son derrière sur le pelvis de Robin Thicke le plus élégamment possible, la langue telle un bovin assoiffé, Miley qui tourne dans un clip nue chevauchant une boule de démolition, puis qui pleure, puis qui lèche un marteau, puis qui pleure encore (il avait sûrement mauvais goût, le marteau), Miley qui pose nue pour le libidineux Terry Richardson… Bref, Miley veut que l’on comprenne qu’elle n’est plus l’adolescente mielleuse et gnan-gnan made in Disney.

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Miley rend la boule de démolition plus sexy que jamais…

Comme Britney Spears avant elle, et quand on voit par quoi cette dernière est passée, on s’inquiète pour Hannah Montana Miley. Elle est trash, elle fait dans le vulgaire et ça fait le buzz. Wrecking Ball, son dernier clip bat des records en termes de vues sur Youtube, et décroche même un numéro 1. Une notoriété toujours plus grandissante qui n’a pas tardé à alerter Rihanna. La Barbadienne a tenu à rappeler que l’icône vulgaire par excellence, c’est ELLE et personne d’autre.  La semaine dernière, elle dévoilait le clip pour son titre Pour It Up, pourtant tourné il y a des mois. Dans une ambiance moite et entourée de strip-teaseuses (oui, oui) aux arrière-trains déroutants, Rihanna, qui arbore des bijoux Chanel, donne une leçon de twerk et, disons-le, de lubricité à la lécheuse de marteau. Nos pensées à Gabrielle Chanel qui doit se retourner dans son tombeau. Chanel, revenons à la mode donc.

Grosse nouvelle de la semaine parisienne des défilés, Marc Jacobs quitte Louis Vuitton officiellement après seize ans de bons et loyaux services. C’est triste oui, mais un peu de sang frais ne fera pas de mal à ce géant du luxe. Mais surtout, Marc Jacobs s’est séparé de son boyfriend Harry Louis, ex-star brésilienne de films pornos. Tout le monde s’en fout… à part moi peut-être ? Très bien. Dans ce cas, saluons plutôt une présence plus importante des mannequins noires sur les podiums parisiens.

Balenciaga, Céline, Dior… Une multitude de designers chez qui toute diversité était apparemment prohibée ont donné un peu de boulot à des filles aux profils différents des Ranoushka et autres Anastasia blondes des pays de l’Est. On dirait que l’initiative de Bethann Hardisson et d’Iman Bowie, qui avaient tiré l’alarme sur le sujet, commence à avoir des résultats concrets.

Céline, Printemps/Eté 2014.

Sans transition, en pensant à cette chronique, j’avais décidé de ne pas parler de Ciara qui pendant les festivités a eu du mal à se faire reconnaître. Pour commencer, le magazine Paris Match, sur son compte Instagram , l’a prise pour Beyoncé et François Gooze, photographe pour le Vanityfair.fr, lui a demandé après l’avoir photographiée si elle s’appelait « Ciara comme la chanteuse ? ». Et je ne voulais pas non plus mentionner ses tenues parfois un peu inexpliquées  lors des défilés. Oups…

Côté tendances, c’est la folie. Il y a du neuf et du jamais vu ! L’été prochain, il y aura du cuir, du lamé, des matières transparentes, des imprimés « ethniques »… Comme l’été dernier en fait, et celui d’avant, et celui d’avant encore. La mode c’est cyclique, ça tourne en rond, mais au moins ça bouge. On adore, on ne peut qu’adorer. Pourquoi se démarquer alors que l’on peut tous être pareils, s’habiller de la même façon et adopter les mêmes codes ? Pourquoi après tout ? Dernièrement, je me suis lancé à la recherche du manteau unique, que je serai le seul à avoir, parce que je ne voulais pas être à la mode, revendiquer ma singularité…Et vous savez quoi ? Ca m’a fatigué. J’ai fini par m’en procurer un chez Zara, en disant à mes amis que ça venait d’une boutique vintage, dans l’espoir et l’illusion d’une unicité durant l’hiver. Ou comment se mentir à soi-même. Ha la mode, oui la mode, cette mode conformiste qui veut faire semblant de ne pas l’être… Pas la peine de lutter au final. En attendant, je vous retrouve dans deux semaines et pendant ce temps, je vais aller twerker, parce que ça, c’est à la mode. N’est-ce pas Miley ?